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Règles

Check, mise, relance, suivre, se coucher : les actions au poker

Par Ben, mis à jour le 24/10/2026, 6 min de lecture

Au poker, le check consiste à passer son tour sans miser, et il n’est possible que si personne n’a encore mis de jetons dans le tour d’enchères en cours. Avec la mise, le suivi, la relance et l’abandon, il forme les cinq actions du jeu, auxquelles s’ajoute le tapis. Leur logique est simple ; ce sont les montants autorisés qui demandent un peu de rigueur, surtout en No Limit.

Les cinq actions et le tapis

  • Checker : ne rien miser et laisser la parole au suivant. Si tout le monde checke, on passe à la carte suivante sans que le pot bouge.
  • Miser (bet) : mettre des jetons le premier dans un tour d’enchères. Avant le flop, la grosse blind fait office de mise d’ouverture.
  • Suivre (call) : égaliser la mise la plus haute déjà posée.
  • Relancer (raise) : augmenter cette mise. Une relance sur une relance s’appelle une sur-relance ; on parle aussi de 3-bet et de 4-bet.
  • Se coucher (fold) : abandonner sa main et tout ce qu’on a déjà mis dans le pot.
  • Tapis (all-in) : engager tous ses jetons. Un joueur à tapis ne peut plus être forcé à rien et ne dispute que la part du pot qu’il a pu couvrir.

Le check-raise, qui consiste à checker puis à relancer quand un adversaire mise derrière, est parfaitement autorisé dans les jeux modernes. Il reste interdit dans certaines parties privées à l’ancienne, mais aucune salle sérieuse ne l’empêche.

La parole : qui agit, et quand

On n’agit qu’à son tour. Avant le flop, la parole part du siège à gauche de la grosse blind ; ensuite, du premier joueur encore en jeu après le bouton. Une annonce verbale faite à son tour engage : dire « suivre » ou « relance » oblige à mettre le montant correspondant. Agir avant son tour est sanctionnable. Selon les règles TDA, une action hors de tour reste valable si la situation ne change pas quand la parole revient au joueur ; si un adversaire mise entre-temps, celui qui avait agi trop tôt retrouve toutes ses options, sauf s’il s’était couché, ce qui reste définitif.

Les déclarations conditionnelles du type « si tu mises, ça relance » sont à éviter : le directeur du tournoi peut les rendre contraignantes, pénaliser le joueur, ou les deux.

Relance minimum en No Limit

En No Limit, le maximum est simple : tout son tapis. Le minimum suit une règle unique, celle de la TDA reprise par les salles en ligne : une relance doit au moins égaler la plus grosse mise ou relance complète déjà faite dans le tour.

Avant le flop

Blinds 1/2 €. La mise en cours vaut 2 €, la relance minimum porte donc le total à 4 €. Si un joueur relance à 7 €, il a ajouté 5 € par-dessus les 2 € : le joueur suivant doit relancer d’au moins 5 €, donc jusqu’à 12 € minimum.

Après le flop

Pot de 30 €. Le premier joueur mise 10 €, le deuxième relance à 35 € (25 € de relance). Le troisième qui veut sur-relancer doit aller au moins à 60 € : 35 € pour suivre, plus 25 € de relance. La référence est toujours la plus grosse relance du tour, pas la dernière.

La règle des 50 %

Face à une mise de 10 €, un joueur pousse 16 € en silence. Les 6 € ajoutés représentent 60 % de la mise précédente : il doit compléter jusqu’à une relance complète, soit 20 €. S’il pousse 14 €, le supplément de 4 € fait moins de 50 % : son geste compte comme un simple suivi et on lui rend les 4 €, sauf s’il avait annoncé « relance » au préalable.

Le jeton unique trop gros

Face à une mise de 6 €, poser un seul jeton de 25 € sans rien dire vaut un suivi. Pour relancer avec ce jeton, il faut annoncer « relance » avant qu’il touche la table. De même, si plusieurs jetons sont tous nécessaires pour suivre, c’est un suivi.

Le tapis incomplet ne rouvre pas les enchères

Tournoi, blinds 100/200. Au flop, le joueur A mise 1 000. Le joueur B part à tapis pour 1 400, soit une relance de 400 seulement, inférieure à une relance complète de 1 000. Le joueur C suit 1 400. Quand la parole revient à A, il ne fait face qu’à 400 de plus : il peut suivre ou se coucher, mais pas relancer, car il n’a pas reçu de relance complète. C, lui, aurait pu relancer puisqu’il n’avait pas encore parlé : sa relance minimum aurait été de 2 400 (1 400 plus la relance complète de référence, 1 000).

À l’inverse, si B avait poussé 2 000, soit une relance complète de 1 000, A aurait retrouvé le droit de relancer à son tour. Tout dépend donc de la taille exacte du tapis, et le croupier l’annonce à voix haute pour cette raison.

C’est la situation qui provoque le plus de discussions en tournoi live. Je l’ai vue créer des litiges à presque toutes les tables de festival où j’ai joué, alors que la règle tient en une phrase.

Pot Limit : calculer la mise pot

En Pot Limit, la mise maximum est égale à la taille du pot après que vous avez suivi. La formule : montant à suivre + pot total une fois ce suivi ajouté.

  • Blinds 1/2 €, premier à parler : suivre coûte 2 €, le pot passe à 1 + 2 + 2 = 5 €, la relance maximum ajoute 5 €. Total : 7 €.
  • Au flop, pot de 20 €, un adversaire mise 10 €. Suivre coûte 10 €, le pot devient 40 €, vous pouvez relancer de 40 € : total 50 €.

Avant le flop, le calcul suppose toujours des blinds complètes, même si une blind est absente ou à tapis. En Pot Limit, le croupier est tenu d’annoncer la taille du pot sur demande, ce qu’il ne fait pas en No Limit ni en Limit. Le format est devenu la norme de l’Omaha, où le PLO domine.

Limit : des mises fixes et un plafond

En Limit 2/4 €, les mises et relances valent 2 € au préflop et au flop, puis 4 € au turn et à la river. Pas de choix de montant : on mise ou relance d’une unité, point. Le nombre de relances est plafonné par la maison, souvent à une mise et trois relances par tour. Selon la TDA, ce plafond s’applique même à deux joueurs dans le coup, tant que le tournoi n’est pas arrivé au face-à-face final.

Structure Mise minimum Mise maximum Nombre de relances
No Limit Grosse blind, puis dernière relance complète Tout son tapis Illimité
Pot Limit Comme en No Limit Taille du pot après suivi Illimité
Limit (2/4) 2 € puis 4 € 2 € puis 4 € Plafond fixé par la salle

Gestes à proscrire à la table

Le string bet, qui consiste à poser une mise puis à retourner chercher des jetons dans son tapis pour l’augmenter sans l’avoir annoncé, est interdit : une relance en No Limit ou en Pot Limit se fait en un seul geste ou après annonce du montant. Lancer ses jetons dans le pot, le « splash », complique le comptage et peut valoir un rappel à l’ordre. Garder des jetons cachés derrière son tapis n’est pas toléré non plus : depuis le sommet TDA 2026, déclarer un tapis impose d’engager tous ses jetons, pas une partie.

Questions fréquentes

Peut-on checker après une mise au poker ?

Non. Dès qu'un joueur a misé dans le tour, il ne reste à ceux qui parlent après lui que trois options : payer, sur-relancer ou abandonner. Le check n'existe que lorsque personne n'a mis de jetons sur ce tour, ou pour la grosse blind avant le flop si personne n'a relancé.

Le check-raise est-il autorisé ?

Oui, dans toutes les salles de casino et en ligne. Checker puis relancer quand un adversaire mise est une action légale et courante, utilisée aussi bien avec une très bonne main qu'en bluff.

Combien faut-il pour relancer en No Limit ?

Au moins le montant de la plus grosse mise ou relance complète du tour. Face à une mise de 10 €, la relance minimum porte le total à 20 € ; si cette mise de 10 € a été relancée à 30 €, le minimum suivant est 50 €.

Que se passe-t-il si on n'a pas assez pour suivre ?

On peut suivre à tapis avec ce qu'il reste. On ne dispute alors que la part du pot correspondant à sa mise, et l'excédent des autres joueurs forme un pot secondaire auquel on n'a pas droit.

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