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Les joueurs de poker français qui ont marqué le jeu

Par Ben, , 4 min de lecture

Joueurs concentrés autour d'une table de l'European Poker Tour de Deauville, devant une bannière Barrière Poker
Une table de l'EPT Deauville en 2011, celle où jouait Kool Shen. Crédit : Nicolas Richoffer, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Les joueurs de poker français ont pesé sur le jeu de trois façons : par leurs titres aux WSOP et sur les grands circuits, par leurs tables finales du Main Event et par leur rôle dans l’arrivée du Hold’em en France. Voici ceux dont le palmarès se vérifie, sans légende ajoutée.

Bertrand « ElkY » Grospellier, la Triple Couronne

Né en 1981 à Melun, ElkY vient de l’esport : il a été l’un des meilleurs joueurs mondiaux de StarCraft, deuxième des World Cyber Games 2001, avant de passer au poker à plein temps vers 2004-2005. Il a été le premier joueur à atteindre les statuts Supernova puis Supernova Elite sur PokerStars.

  • Janvier 2008 : vainqueur de la PokerStars Caribbean Adventure (EPT), 2 000 000 $.
  • Octobre 2008 : vainqueur du WPT Festa al Lago, 1 400 000 $ environ.
  • 2011 : premier bracelet WSOP, le 10 000 $ Seven Card Stud Championship (126 joueurs), 331 639 $.
  • 2019 : second bracelet, sur le Colossus des WSOP Europe.

Son bracelet de 2011 a fait de lui l’un des rares joueurs titrés sur l’EPT, le WPT et les WSOP, la fameuse Triple Couronne. Il a aussi occupé la première place du classement Global Poker Index pendant 18 semaines entre 2011 et 2012. En ligne, il a remporté deux titres WCOOP en septembre 2009, à trois jours d’intervalle, le second face à un champ de 9 220 joueurs.

Les Français du Main Event

Antoine Saout reste le Français le plus régulier du tournoi le plus prestigieux. Étudiant en informatique, il commence à jouer en ligne en 2007 sous le pseudo tonio292 et passe professionnel un an et demi plus tard. Qualifié pour Las Vegas via une salle en ligne, il atteint la table finale de 2009 et termine 3e pour 3 479 485 $. Avec trois joueurs restants, sa paire de dames tombe contre la paire de deux de Joe Cada, futur vainqueur, qui touche un brelan au flop. Huit ans plus tard, en 2017, il retrouve la table finale et finit 5e pour 2 000 000 $.

Cette même finale 2017 compte un autre Français : Benjamin Pollak, 3e pour 3 500 000 $, derrière Scott Blumstein et Dan Ott. Deux Français parmi les cinq derniers joueurs du Main Event la même année.

Sylvain Loosli, ancien joueur d’Age of Empires II passé au cash game en ligne, atteint la table finale de 2013 et termine 4e pour 2 792 533 $. Gaëlle Baumann, elle, échoue en 10e place en 2012, juste avant la table finale, pour 590 442 $, à une seule place de la table finale télévisée.

En 2026, Mario Boos, habitué des tournois français à quelques centaines d’euros, rejoint la liste avec une 8e place à sept chiffres.

Année Joueur Place au Main Event Gain
2009 Antoine Saout 3e 3 479 485 $
2012 Gaëlle Baumann 10e 590 442 $
2013 Sylvain Loosli 4e 2 792 533 $
2017 Benjamin Pollak 3e 3 500 000 $
2017 Antoine Saout 5e 2 000 000 $
2026 Mario Boos 8e 1 250 000 $

Julien Martini, l’homme des jeux mixtes

Julien Martini compte quatre bracelets WSOP, tous hors du Hold’em classique :

  • 2018 : 1 500 $ Omaha Hi-Lo 8 or Better.
  • 2021 (WSOP Europe) : No-Limit Short Deck, puis un 8-Game Mix.
  • 2022 : 10 000 $ Razz Championship.

Son palmarès montre une voie que peu de joueurs français empruntent : se spécialiser dans les jeux mixtes, où les champs sont plus petits et mieux payés en proportion pour les joueurs complets. Je trouve que c’est le parcours le plus instructif pour un joueur qui s’ennuie en Hold’em.

Fabrice Soulier, du cinéma au bracelet

Avant le poker, Fabrice Soulier a réalisé des séries télévisées, dont « Un gars, une fille ». Il remporte son bracelet en 2011 sur le 10 000 $ H.O.R.S.E. Championship, un des titres les plus difficiles du programme. En 2013, il termine 2e du Main Event des WSOP Europe pour 610 000 €, et en mars 2014 il gagne le High Roller à 10 000 € de l’EPT pour 392 900 €. Il a aussi été l’un des visages de la pédagogie du poker à la télévision française.

Bruno Fitoussi et les pionniers

Le Hold’em n’a pas toujours été le jeu des Français. Bruno Fitoussi, architecte de formation devenu joueur professionnel de poker et de backgammon au début des années 1990, introduit en 1995 le poker sous sa forme actuelle à l’Aviation Club de France, sur les Champs-Élysées. En 2001, il remporte le World Heads Up Poker Championship à Vienne. Il commentera ensuite les premières émissions de poker télévisé en France.

Ludovic Lacay, membre de l’équipe Winamax des premières années, appartient à la génération qui a fait le lien entre poker en ligne et circuit live : il gagne l’EPT San Remo en 2012 avant de quitter le circuit en 2014.

2026, une nouvelle ligne au palmarès

Les WSOP 2026 ont ajouté un nom à la liste des bracelets français : Lionel Barracano, vainqueur du 1 000 $ Super Seniors devant 3 323 joueurs pour 355 263 $, après une vingtaine d’années de jeu en amateur. Une preuve que le bracelet n’est pas réservé aux professionnels sponsorisés.

D’une génération à l’autre, ces joueurs français ont presque tous un point commun : une formation en ligne, des milliers d’heures de volume, puis le passage au live. Je n’y vois pas de hasard ; c’est encore le chemin le plus direct vers les grands tournois.

Questions fréquentes

Combien de bracelets WSOP compte Julien Martini ?

Quatre, gagnés entre 2018 et 2022 en Omaha Hi-Lo, Short Deck, 8-Game et Razz. ElkY en a deux, en Stud en 2011 et sur le Colossus des WSOP Europe en 2019.

Un Français a-t-il déjà gagné le Main Event des WSOP ?

Non. Les meilleurs résultats français sont deux 3e places, celle d'Antoine Saout en 2009 et celle de Benjamin Pollak en 2017.

Qu'est-ce que la Triple Couronne au poker ?

C'est le fait d'avoir gagné un titre sur l'EPT, un titre sur le WPT et un bracelet aux WSOP. ElkY l'a complétée en 2011 avec son bracelet de Seven Card Stud.

Quel a été le parcours de Gaëlle Baumann au Main Event ?

Elle a terminé 10e en 2012 pour 590 442 $, éliminée juste avant la table finale. Membre de l'équipe Winamax à l'époque, elle avait découvert le poker cinq ans plus tôt.

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