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Règles

Égalités au poker : kicker, partage du pot et board qui joue

Par Ben, mis à jour le 24/10/2026, 6 min de lecture

Au poker, le kicker est la carte qui accompagne une combinaison et qui départage deux joueurs ayant la même paire, le même brelan ou le même carré. A♠ K♦ et A♥ 9♣ sur un board A♦ 8♠ 5♣ 3♥ 2♦ font tous les deux une paire d’As, mais le Roi bat le 9 et emporte tout le pot. Quand même les cinq cartes retenues sont identiques en valeur, le pot se partage.

Le principe : cinq cartes, pas une de plus

Toute la logique des égalités tient en une règle : on compare les meilleures mains de cinq cartes, carte par carte, dans l’ordre d’importance. La combinaison prime ; viennent ensuite les cartes qui la composent, et enfin les cartes libres, de la plus haute à la plus basse. Une sixième ou septième carte ne compte jamais.

Conséquence directe : un kicker ne sert que s’il fait partie des cinq cartes. Avec une paire, il reste trois cartes libres, donc jusqu’à trois kickers possibles. Avec une double paire, une seule. Avec un full, une quinte ou une couleur, aucune : les cinq cartes sont déjà prises par la combinaison.

Le kicker, main par main

Paire

Board K♣ 10♦ 7♠ 4♥ 2♣. Le joueur A tient K♥ Q♠, le joueur B K♦ J♥. Mains finales : K-K-Q-10-7 contre K-K-J-10-7. A gagne grâce à la Dame. Le deuxième et le troisième kicker sont identiques et ne jouent pas.

Double paire

Board Q♠ Q♦ 8♣ 8♥ 3♠. A tient A♣ 2♦, B tient K♠ K♣. B fait Dames et 8 ? Non : avec sa paire de Rois, B garde les deux meilleures paires, Rois et Dames, et gagne. Si B avait tenu K♠ 4♣, les deux joueurs auraient Dames et 8, et l’As de A aurait battu le Roi de B.

Brelan et carré

Un brelan de 9 sur le board laisse deux kickers en jeu ; un carré au board en laisse un seul. Board 6♠ 6♥ 6♦ 6♣ J♠ : tous les joueurs ont un carré de 6, et c’est la cinquième carte qui décide. Celui qui tient un As gagne ; si personne n’a mieux que le Valet du board, tout le monde partage.

Couleur

Les cinq cartes comptent. Board K♥ 9♥ 6♥ 3♥ 2♣. A tient Q♥ 4♠, B tient J♥ 10♥. A : K-Q-9-6-3. B : K-J-10-9-6. La deuxième carte tranche, Dame contre Valet, et A l’emporte malgré les deux cœurs de B.

Quinte

Seule la carte la plus haute compte. Board 9♦ 8♣ 7♠ 6♥ 2♠ : un 10 en main fait une quinte au 10, un Valet et un 10 font une quinte au Valet, qui bat la précédente.

Quand le board joue

On dit que « le board joue » quand les cinq cartes communes forment la meilleure main possible pour plusieurs joueurs. Board A♠ K♠ Q♦ J♣ 10♥ : tout le monde a une quinte à l’As et personne ne peut faire mieux sans couleur ni full possible. Les jetons sont divisés à parts égales entre les mains encore en lice.

Le cas plus piégeux est celui où une carte du board efface votre kicker. Board A♥ K♣ Q♠ 8♦ 8♣. A tient A♠ J♦, B tient A♣ 9♠. Les deux joueurs ont As et 8, et le cinquième meilleur élément est le Roi du board, commun aux deux. Le Valet et le 9 sont hors des cinq cartes : partage du pot.

Même mécanique avec la double paire « contrefaite ». Vous tenez 7♠ 6♠ sur un flop 7♦ 6♣ 2♥, double paire. Turn K♦, river K♠ : vos meilleures cartes deviennent K-K-7-7-6. Un adversaire avec A♥ 7♣ fait K-K-7-7-A et vous bat au kicker. La paire de 6 a disparu de votre main à la river.

Exemples de départage

Board Joueur A Joueur B Résultat
J♠ 9♦ 5♣ 4♥ 2♠ J♥ A♣ J♦ K♠ A gagne : kicker As
Q♣ Q♥ 10♠ 10♦ A♦ K♣ K♥ J♠ 3♦ A gagne : Rois et Dames
Q♣ Q♥ 10♠ 10♦ A♦ K♣ 2♦ J♠ 3♦ Partage : As du board en kicker
8♥ 8♣ 8♦ 5♠ 5♥ A♠ K♦ 9♣ 2♦ Partage : full aux 8 par les 5
8♥ 8♣ 8♦ 5♠ 5♥ 9♣ 9♦ A♠ K♦ A gagne : full aux 8 par les 9
10♥ 7♥ 4♥ 2♥ K♣ A♥ 3♠ Q♥ J♥ A gagne : couleur à l’As

Partager le pot et le jeton impair

Un split pot se divise à parts égales entre les gagnants, quelle que soit la couleur des cartes : au Hold’em, pique, cœur, carreau et trèfle se valent. Un pot de 90 € partagé entre deux joueurs donne 45 € chacun ; partagé entre trois, 30 €.

Quand la somme ne se divise pas exactement, la règle 21 de la TDA s’applique :

  • le croupier casse d’abord le jeton restant en la plus petite valeur en jeu à la table ;
  • dans les jeux à board comme le Hold’em ou l’Omaha, le jeton qui reste va au premier gagnant assis à gauche du bouton ;
  • en Stud et en Razz, il va à la carte la plus haute selon l’ordre des couleurs ;
  • dans un jeu high-low, il revient à la moitié high.

Exemple : tournoi, pot de 2 525 en jetons de 25 minimum, deux gagnants. Chacun reçoit 1 250, et le jeton de 25 restant revient au gagnant assis le premier après le bouton.

Partage à trois en cash game live : pot de 100 €, plus petit jeton en jeu de 1 €. Chaque gagnant reçoit 33 €, et l’euro restant revient au premier des trois assis après le bouton. En ligne, le logiciel découpe au centime près et attribue le centime restant selon sa propre règle, sans que personne n’ait à intervenir.

Le chop des blinds

En cash game live, quand tout le monde se couche jusqu’aux blinds, beaucoup de tables autorisent le « chop » : petite et grosse blind reprennent leurs mises et passent à la main suivante sans jouer. L’accord se fait entre les deux joueurs concernés, et la salle ne prélève alors rien puisqu’il n’y a pas eu de flop. En tournoi, le chop est interdit : chaque main se joue, ne serait-ce que pour ne pas favoriser un joueur au détriment du reste du tableau. En ligne, l’option n’existe pas, la petite blind doit compléter, relancer ou abandonner.

Pots secondaires

Avec des pots secondaires, chaque pot se partage séparément. Un joueur à tapis peut partager le pot principal et ne rien toucher sur le side pot, si un adversaire a une meilleure main que les autres dans ce pot-là.

Montrer ses deux cartes pour réclamer sa part

Même quand le board joue, il faut retourner toutes ses cartes privées pour prétendre au partage : la TDA impose de montrer sa main entière, et annoncer « je joue le board » ne suffit pas. Jeter ses cartes face cachée dans le muck, c’est renoncer au pot, même avec la main gagnante.

Je montre systématiquement mes deux cartes dès qu’il y a le moindre doute, même avec une main que je crois battue. Les cartes parlent : c’est le croupier qui lit la main, et il voit parfois un kicker ou une quinte que son propriétaire n’avait pas repérés.

Questions fréquentes

Le kicker compte-t-il avec une double paire ?

Oui, une double paire laisse une seule carte libre, et c'est elle qui départage deux joueurs ayant les deux mêmes paires. Si ce kicker est identique ou provient du board pour les deux, le pot se partage.

La couleur des cartes départage-t-elle au Texas Hold'em ?

Non. Aucune couleur ne prime sur une autre au Hold'em : deux mains de même valeur se partagent le pot. L'ordre des couleurs ne sert qu'à quelques décisions annexes, comme l'attribution du bring-in en Stud ou du jeton impair dans cette variante.

Peut-on avoir deux kickers au poker ?

Oui, avec une paire, trois cartes libres complètent la main et peuvent toutes départager, l'une après l'autre. Avec un brelan, deux cartes libres restent en jeu, avec un carré une seule, et aucune avec un full ou une couleur.

Que signifie « jouer le board » ?

C'est utiliser les cinq cartes communes comme meilleure main, sans aucune carte privée. Le joueur ne peut alors qu'égaler ses adversaires dans le même cas, et doit montrer ses deux cartes pour toucher sa part du pot.

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